Bible


 

LETTRE OUVERTE À MES PARENTS.



Après trente ans de silence.
On pourrait essayer d'oublier.
Nos rancoeurs passées.
Car à soixante-douze printemps.

Je pense que vous avez compris.
Pourquoi cet acharnement.
Que sur l'une de vos filles.
Pourquoi aucun sentiment.
La tendresse n'était pas présente.

Je n'étais pas Cendrillon

J'en plaisante,
mais vous m'avez fait souffrir.
Souvent j'ai pris partie, pour vous aider.
Mais déjà petite-fille.
Vous ne m'avez pas épargnée.
Tout cela, jusqu'à la fin de notre rupture.

Vous m'avez tout fait.
La pension, inattention, le manque d'affection.
Vous m'avez volé ma jeunesse.
Heureusement  j'avais mes diplômes,
mais vivre un tel enfer,
vraiment j'ai trop souffert.
J'en souffre encore, car vous êtes présents,
dans ma tête, vous n'êtes même pas venus vous manifester.

Quand ma vie a manqué de basculer.
Vous ne connaissez pas vos petits-enfants.
Pourtant, je vous ai aidés, donnés.

Entre les travaux de bâtiments,
dans votre maison que vous avez vendue.
La paie que vous me preniez, en entier.

J'ai appris en tant que petite fille,
à assumer une soeur petite de quatre ans de moins.
Et un père désoeuvré.
J'ai dû partir, pour vous échapper.
Vous étiez tyranniques
des coups, vous m'en donniez.
Mais jamais à votre préférée.

Ce qui a fait que pour deux soeurs,
nous sommes devenues ennemies,
 je ne connais pas mes neveux.
Je ne sais pas ce qu'elle a pu devenir.
Vous avez attisé tellement de haine.
Que cette famille est disloquée.

Vous m'avez fait tant de mal,
au nom de quelle éducation.
Quand on fait des enfants.
Je croyais que c'était pour les aimer.
Je me suis trompée, vous n'étiez pas concernés.

Vous, vous avez fait le contraire, en ce qui me concerne.

Je ne m'abaisserai pas,
si quelqu'un doit le faire,
je ne suis pas rancunière.
Mais vous avez dépassé les limites.
Donc je pense que votre fierté
est bien mal placée, ne s'est pas apaisée

jamais vous reconnaîtrez vos torts.

Cela est triste, mais je vous dis ADIEU.
Car moi aussi j'ai vieilli,
quand je revoie dans ma tête
comment j'ai souffert.
Comment vous m'avez maltraitée.
Il n'y a pas de mots pour expliquer.
Et vous osez marcher la tête haute, dans votre quartier.

Mais j'avais tellement peur de vous,
que je n'en ai dit mot

Sinon c'était la volée.
Je n'ai même pas pu choisir mon métier,
vous me l'avez imposé.
Alors vous ne comprendrez jamais.
Que moi, je vous ai aimés.
J'ai souffert et encore à ce jour,
de votre désintéressement pour ma personne.
Vous aviez votre préférée.
Qui vous a quittés aussi, et oublié son passé.
Maintenant que je suis parent, je peux vous dire.
Que j'ai fait tout le contraire, de ce qui m'a tant fait souffrir.
Je ne bats pas mes enfants, ils ne seront pas aristocrates,
ni directeurs, mais c'est eux qui l'auront choisi leur vie.
Même si cela me fait souffrir cruellement.
Pas imposée par un dictateur, donc sans regret.

Je vous souhaite une bonne fin de retraite,
je vous laisse tranquille, comme aujourd'hui pour finir votre vie.

Le vilain petit canard.

Patricia
le 1er avril 2003

 

 

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