A Albert Lozeau

 

De ma bibliothèque quelque peu dégarnie,

De mes livres délaissés dans la nonchalance de son propriétaire

Que vois-je à ma grande surprise? Un bouquin démuni

Dont je saisis chétivement ta couverture, Albert...

 

Je ne te connais peu mon cher poète maladif!

Ton écriture émouvante glisse dans mon cerveau poétique!

Comme maître Musset: quel nom admiratif!

As-tu lu " Premières poésies"? Que de versets magnifiques!

 

Ta muse, la femme... et comme je te comprends!

"Il est vrai que les mots d'amour ne meurent pas!"

Tu as raison malgré ta sérénité d'enfant,

Tes souffrances, ton isolement, tes combats...

 

Tu aime l'hirondelle qui gazouille sans doute à ta fenêtre;

Gracieuse comme ta poésie dans une grande abnégation.

Tes mots familiers font de toi le respect d'un Maître

de l'écriture, de ton défoulement de ton action.

 

Souffrance physique dont l'esprit t'apporte allègement.

La littérature, un compagnon solitaire et compréhensif

Tu aurais aimé danser follement dans une nature d'encens

Mais la vie a voulu que tes douleurs vibrent en des mots émotifs.

 

Je te quitte avec sensibilité plaçant soigneusement ton recueil

Tout près de Musset car j'envie ton plaisir de converser...

Fais-lui mes salutations littéraires dans un bel accueil!

Bonne écriture! Et moi je continuerai a composer...

(Epervier)