Arrêtons de chialer qu'il fait
frette.........
Car le "frette" est notre
sauveur !
Notre protecteur. Notre plus belle richesse.
Parce que si on est tellement à l'abri, ici, dans notre p'tit Québec,
de tous les grands problèmes de la planète, c'est grâce au
"frette!"
Regardez tous les endroits où ça va mal dans le monde.
On les voit aux nouvelles. Ce sont toutes des places où les gens sont
en manches courtes!.
L'Afrique, l'Irak, Israël, Haïti, l'Amérique du Sud. Savez-vous
pourquoi?
Le trouble est frileux ! Oui, parce que le trouble est frileux.
Le trouble n'aime pas le "frette". Le trouble aime les endroits où
il fait chaud.
Où il y a le beau soleil. Où il peut s'étendre et écoeurer le
peuple longtemps.
Y est pas fou, le trouble. Descendre dans la rue pour pitcher des
roches, à 22 sous zéro,
ça ne le tente pas. Se battre pour un morceau de terre qu'il faut que
tu passes six mois à pelleter,
y aime autant le laisser aux voisins. C'est pour ça que le lecteur de
nouvelles,
il ne parle pas souvent du Groënland, de l'Islande, du Pôle Nord ou
du Pôle Sud
dans ses manchettes. Le trouble ne va jamais là. C'est sûr qu'il parle du
Québec.
Y a pas le choix, c'est le télé-journal de chez nous. Mais les troubles
qu'il raconte,
c'est pas des vrais troubles. Les hôpitaux, les écoles, Charest ou Martin,
ça ne se compare pas à un génocide, à une révolution ou à une guerre
civile.
Nos problèmes sont tellement niaiseux qu'ils n'en parlent pas ailleurs.
Pensez-vous qu'aux nouvelles d'Israël, le présentateur raconte les
crises
de Michèle Richard ou la saga des Canadiens? Non. En Israël, ils ne
parlent jamais du Québec.
Mais au Québec, on parle tous les jours d'Israël. Pourquoi?
Parce que là-bas, il se passe des grosses affaires. Tandis qu'ici, il
ne se passe que des peccadilles. Pourquoi? Parce que le trouble
habite chez eux à l'année, tandis qu'il ne vient jamais mettre les
pieds ici, de peur de se les congeler! Nous, on n'a pas besoin de bombe
atomique pour nous protéger, une vague de froid, ça vaut bien des armes de
destruction massive.
Je vous le dis, le "frette", c'est la Paix. La sainte Paix. Si au
Québec il faisait beau comme en Floride, ça ferait longtemps que les Américains
nous auraient annexés. Au lieu de jouer au hockey, nos garçons seraient
obligé d'encercler l'Irak. Patrice Brisebois, il verrait que c'est pas mal
plus stressant que de se faire huer par 10 gars chauds. Mais grâce à notre
climat, les Américains n'ont jamais rien voulu savoir de notre
patrie. Et c'est ce désintéressement généralisé du monde entier
pour les pays frettes qui nous sauve de tous les grands conflits majeurs.
C'est tellement pas attirant, un pays glacé, que même nous, qui
habitons là, on n'en veut pas. À tous les référendums, on nous
demande: «Voulez-vous de ce pays?» Et on répond toujours: «Non Merci!»
Pensez-vous qu'un autre pays va se donner la peine de venir se battre pour
conquérir un pays que ses propres habitants rejettent? Pourquoi se battre
pour un pays où on ne terminera même pas ses jours? Se battre pour les
terrains de golf de la Floride, OK! Mais se battre pour quelques arpents de
neige, franchement! Cela saute aux yeux. Si nous vivons dans un endroit
paisible, où même les révolutions sont tranquilles, et que le pire qu'il
peut arriver, c'est le verglas, c'est grâce à notre climat nordique. Donc,
au lieu de sacrer contre le froid et d'essayer tant bien que mal de se
plaindre, quand on a les lèvres gelées, remercions le ciel en
grelottant de nous avoir offert une contrée polaire. Prions fort pour que
le monde entier continue de nous ignorer et pour que l'effet de serre ne
nous réchauffe pas trop vite. Vive la Paix frette ! Bon, c'est la fin... je
vais aller manger une crème glacée !